Randonnée à Madagascar

Les Amphibiens | Madagascar

Les amphibiens malgaches sont représentés uniquement par les grenouilles qui font partie de l’ordre des Anura (“sans queue”). Il n’y a donc ni triton, ni salamandre (ordre Urodela, typique de l’ Hémisphère Nord).
Les grenouilles malgaches se sont diversifiées depuis la séparation de Madagascar du continent “Gondwana” puisque l’on recense aujourd’hui plus de 170 espèces différentes.

Seulement trois familles de grenouilles vivent à Madagascar :

  • Les Ranidés
  • Les Microhylidés
  • Les Hyperoliidés, dont 99% des espèces sont endémiques.Les grenouilles
    Les Ranidés sont représentés par trois sous-familles : les Raninés, les Mantellinés et les Rhacophorinés. Les Raninés sont constitués par l’espèce Ptychadena mascareniensis, qui, par sa morphologie et son comportement, s’apparente aux grenouilles de l’ Hémisphère Nord.
    Laliostoma labrosum est une espèce du Sud et de l’Ouest malgache. La grenouille tigre, Hoplobatrachus tigerinus, a été importée à Madagascar par les immigrants de l’Asie du Sud-Est, ses pattes postérieures sont plus connues dans la gastronomie sous le terme de “cuisses de nymphes”.Les rainettes
    Les espèces malgaches les plus particulières sont celles appartenant aux genres Mantellaet Mantidactylus de la sous-famille des Mantellinés.


Les espèces du genre Mantella se caractérisent par une coloration très contrastée avec des taches jaunes, noires, vertes, qui indiquent, en général, leur venimosité. En fait au niveau de la peau, les Mantella métabolisent des alkaloïdes qu’elles absorbent en mangeant des insectes (fourmis), et qui les protègent des prédateurs.

Ce type de produit chimique est très proche, pour ne pas dire identique, des substances d’un autre groupe de grenouilles, les Dendrobatidés, qui vivent en Amérique Centrale et du Sud. Ces phénomènes rencontrés en parallèle chez les Mantellinés et les Dendrobatidés illustrent “la convergence évolutive” avec une similarité des adaptations à des contraintes de la nature chez deux groupes que tout le reste sépare. Les Mantella les plus connues sont celles de couleur rouge provenant de la région d’Andasibe : Mantella aurantiaca. Ces petites grenouilles sont menacées par la capture excessive pour leur exportation en Europe et en Amérique (marché de la terrariophilie) mais surtout par la déforestation.

Les autres espèces de Microhylidés sont plus difficiles à observer par un non initié. Certaines espèces, comme celles appartenant au genre Stumpffia font partie des plus petits vertébrés du monde (1,5 cm). Elles s’abritent dans la litière des forêts pluviales, d’où elles émettent des cris assez modulés, qui rappellent le cri des grillons.

En général, les Microhylidés se reproduisent dans des habitats spécialisés. Les espèces de Platypelis et d’Anodonthyla pondent leur oeufs à l’intérieur des cannes de bambou remplies d’eau, ou à la base des feuilles de palmiers ou de Pandanus. Platypelis grandis pond ses oeufs dans des petites flaques à la base des palmes de l’arbre du voyageur (Ravenala).

Le père, lui, garde les oeufs et surveille les nouveaux tétards, qui sont dépigmentés et… sans bouche. Il semble en fait que la sécrétion de la peau du mâle est indispensable pour prévenir les mycoses et pour garantir un bonne chance de survie des tétards.

Les espèces du genre Mantidactylus sont en général typiques des forêts pluviales de l’Est. Elles sont moins colorées que les Mantella, mais ont néanmoins le même type de vie. En fait, elles pondent leurs œufs dans un milieu sub-aérien et non pas directement dans l’eau. Leurs œufs éclosent pendant les pluies et les tétards sont transportés par l’eau vers les ruisseaux où ils continuent leur développement.

L’autre grand groupe de grenouilles malgaches comprend les Boophis, appartenant à la sous-famille des Rhacophorinés. Elles sont des rainettes arboricoles et nocturnes, avec des grands yeux. Bien que leur nombre est assez grand, leur adaptation n’arrive pas au niveau des Mantellinés, et en général le type de reproduction est similaire à celui des grenouilles typiques : les oeufs sont déposés dans les ruisseaux de forêts ou dans des flaques temporaires, où les tétards se développent, bien que les Boophis (40 espèces env. connues actuellement) préfèrent l’habitat des forêts pluviales.

Il y a également des espèces typiques de l’Ouest malgache, comme Boophis tephraeomystax ou B. xerophilus. Ces espèces peuvent aussi survivre dans des milieux assez dégradés comme les rizières.

Les Hyperoliidés

Les Microhylidés
Enfin il faut citer la troisième famille de grenouilles malgaches, les Microhylidés.
Il s’agit d’un groupe hétérogène, avec des types de reproduction assez spéciaux. Une des espèces les plus connues est la « grenouille tomate » ou Dyscophus antongili, qui a la forme et la couleur d’une… tomate !
Comme pour les Mantella, la couleur rouge-vif est synonyme de toxicité. En fait, lorsqu’un individu est attrapé par un serpent, il libère une colle blanchâtre qui bloque la bouche du prédateur. Malheureusement le Dyscophus est répandu seulement dans une petite zone du Nord-Est de Madagascar, proche de la baie d’Antongil. Cette espèce est menacée par les collectionneurs et par la réduction de son habitat naturel. Dyscophus antongili est aujourd’hui protégé par la convention de Washington (Annexe 1 de la CITES).

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